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« III / L’acceleration de la baisse et les mouvements de panique »



LES SIGNAUX ANNONCIATEUS DE LA BAISSE

La baisse des marchés ne commence pas d’un seul coup, elle se fait progressivement, et il y a des signes qui ne trompent pas, en tout cas pour ceux qui regardent les graphes.

C’est d’abord une remise en cause de la hausse. On constate que les cours, après avoir dessiné des sommets, marquent une phase de pause avec une légère baisse, puis qu’ils repartent à l’assaut des sommets précédents. Mais on sent bien que ces hausses deviennent laborieuses. Les pics n’arrivent pas toujours au niveau des sommets précédents, ou les dépassent mais sans grande conviction, les volumes faiblissent.

On commence à deviner d’éventuelles figures chartistes de sommet, parmi les plus connues, c’est à dire l’épaule tête épaule, et le double sommets.
 



 
   
A ce moment, peu de gens envisagent sérieusement que la tendance haussière des années précédentes puisse être terminée. Néanmoins, le doute s’installe, alimenté par un mélange de bonnes nouvelles relatives aux résultats futurs des entreprises cotées, et de mauvaises portant davantage sur des données plus macroéconomiques, telles la consommation des ménages en berne, la hausse du chômage, la création d’emplois qui s’essouffle, les indices de confiance qui flanchent, etc…C’est ce moment que choisissent ceux qui ont gardé de mauvais souvenirs des crises précédentes pour vendre leur portefeuille de titres, préférant rester liquide.

C’est exactement le scénario qui s’est déroulé en 2007.
Le CAC 40 est monté jusqu’à mi-juillet, puis il est descendu une première fois jusqu’à la mi-août, avant de repartir à la hausse jusqu’à mi-octobre, mais sans parvenir à remonter au plus haut de juillet. Il y a eu de nouveau un creux mi-novembre suivi d’un mini sommet mi-décembre, lui aussi moins élevé que le précédent. Depuis cette date, la baisse est quasi permanente, malgré quelques courtes périodes de répit.

En 2007, beaucoup d’investisseurs qui ont conservé en mémoire la chute des marchés en 2000 et 2001 ont cette fois revendu leurs titres en août et septembre pour ne plus prendre le risque de perdre à nouveau leurs gains.

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LA BAISSE N'EST PAS HOMOGENE, ET CERTAINS INDICES TROMPPEURS
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Il est important de comprendre deux phénomènes qui rendent plus difficile la prise de conscience que la tendance à la hausse poursuivie depuis plusieurs années est en panne, à défaut de s’être encore retournée.

Le premier concerne les secteurs d’activité, qui évoluent selon des timings différents. Compte tenu de la crise des subprimes, c’est le secteur des activités financières (dont les banques) qui a commencé à chuter dès août 2007, comme les valeurs technologiques et les services cycliques. D’autres n’ont vraiment débuté leur baisse qu’en décembre, comme les industries généralistes, d’autres début janvier 2008, comme la pharmacie, les cosmétiques, ou les services aux collectivités. Durant ces quelques mois, bien que le marché dans son ensemble montre des signes de faiblesse, il y a encore beaucoup de cours en hausse, d’où l’impression d’une pause mais pas encore d’un renversement de tendance.

 

Le deuxième est plus pernicieux. Comme les cours commencent à être chahutés, les investisseurs revendent les valeurs moyennes et se portent acquéreur des grandes valeurs de la cote, jugées plus défensives, moins sujettes à une débandade. Ils suivent en cela les conseils donnés par de nombreux journaux financiers. La conséquence en est que le principal indice, le CAC 40, celui qui est le plus suivi mais ne portent que sur les 40 plus grosses capitalisations, donne l’impression que le marché dans son ensemble résiste bien à la baisse, alors que dans le même temps, ce sont les valeurs moyennes et petites qui souffrent. C’est pourquoi il est recommandé de suivre un indice plus global, comme le SBF 250 pour Paris, en plus du CAC 40, pour avoir davantage de recul sur l’évolution réelle du marché.

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L’ACCELERATION DE LA BAISSE ET LES PHENOMENES DE PANIQUE
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Mais la baisse ne s’arrête pas là, au contraire, elle s’accélère.
Les figures chartistes de retournement de tendance citées précédemment sont maintenant devenues évidentes. Tous les secteurs d’activité coulent ou, pour les plus retardataires, commencent à piquer du nez. Les PER (Price Earning Ratios) sont revus à la baisse, suite à l’annonce ou l’anticipation de mauvais résultats. Les grandes capitalisations subissent à leur tour la baisse des cours, ce qui accroît les ventes.
Les mauvaises nouvelles s’accumulant, il y a une lente prise de conscience de la baisse et surtout de son caractère inéluctable. On commence à parler de plus en plus d’une véritable récession, et non plus d’une crise passagère, d’autant plus que toutes les places boursières internationales sont maintenant au diapason.

La baisse s’accentue alors pour deux raisons.
D’abord, de nombreux investisseurs comprennent qu’il est temps d’abandonner l’optimisme béat et de regarder la réalité en face. Ce qui se traduit par des retraits importants chez les sociétés de gestion et les Sicav.

Pour cette raison, les gérants doivent vendre une partie des titres détenus pour récupérer la liquidité nécessaire pour rembourser les sorties des fonds, et par là même, accentuent la chute des cours, en particulier des valeurs moyennes. C’est une spirale qui peut devenir infernale. Pour peu que certaines sociétés de gestion en manque de liquidités soient connues pour conserver une part significative du capital de certaines sociétés cotées, les autres institutionnels vont jouer la baisse de ces titres, sachant qu’un jour ou l’autre, les sociétés de gestion concernées devront vendre, et ainsi accélérer la chute des cours.

 

La deuxième raison qui explique la débandade des cours, c’est l’absence d’acheteurs. Plus personne ne croit aux discours optimistes de reprise. Les entreprises cotées, les unes après les autres, annoncent à présent des résultats revus à la baisse, et celles qui persistent à maintenir de bons résultats n’arrivent plus à entraîner le marché à la hausse. Les PER valorisent certaines entreprises au niveau de l’actif net comptable, voire même moins, mais bien que la valeur des sociétés soient très intéressante, c’est l’attentisme qui prévôt.

C’est cette absence d’acheteurs qui génère des jours de bourse exceptionnels durant lesquels les écarts sont les plus larges entre le plus haut de la session (souvent l’ouverture) et le plus bas, comme les 21 et 23 janvier, ou le 5 février 2008.

 

 

 

 

 


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